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" Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, ce n'est pas de subir la Loi du mensonge triomphant qui passe. "
Jean Jaurès
              
Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 18:35
Le MES  est la mise à mort de la souveraineté des pays et l'inscription dans le marbre de nos constitutions que le capitalisme est le seul système économique et politique, en France et en Europe... 
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Mardi après-midi (le 21 février), l'UMP a décidé de faire adopter à l'Assemblée Nationale le Mécanisme Européen de Stabilité, le premier de ses nouveaux traités européens.
Certains nous disent que ce MES n'hypothèque en rien notre avenir, qu'il n'est qu'une mesure technique voire de « solidarité » en direction de nos voisins européens.
Ils se dérobent en nous expliquant que c'est le deuxième traité (et sa fameuse « règle d'or ») qui est critiquable, justifiant par là leur abstention.
Ce n'est pas vrai. Le MES veut enfermer les pays en difficulté dans le carcan de l'austérité, à l'instar de l'agonie imposée au peuple grec. Pour bénéficier de l'aide européenne, les Etats devront en effet accepter des plans d'ajustement et ratifier ce traité budgétaire dont le texte finalisé n'est pas connu.
Soutenir ou laisser passer le MES, c'est donc rentrer dans la logique des marchés et confier notre souveraineté à la Commission européenne, à la BCE et au FMI !
Lundi, dans une tribune publiée dans Libération, Jean Luc Mélenchon appelait les parlementaires et la gauche à s'opposer ensemble à ce coup de force. Il appelait le Président Sarkozy qui se fait désormais le chantre du « dialogue direct » avec le peuple - on pourrait plutôt dire qui reste le roi de la démagogie- de commencer à consulter les Français sur ces traités avant tout autre référendum.
Aujourd'hui nous le savons: l'abstention majoritaire du PS - malgré quelques voix socialistes et radicales qui se sont opposés au projet - a participé à l'adoption du traité.
Cette décision du groupe PS divise la gauche. Elle va à l'encontre des exigences populaires et du mouvement social. Elle contredit toute politique dont l'objectif prioritaire serait la lutte contre l'hyper financiarisation!
Quand on prétend lutter contre les marchés, on ne vote pas le MES ! Quand on prétend défendre la fonction publique, on ne vote pas le MES ! Quand on prétend défendre les droits des travailleurs attaqués par la finance, on ne vote pas le MES ! Si on prétend être du côté du Peuple, on ne s’abstient pas, on vote contre !
Nous nous souviendrons de ceux qui ont votés pour ou se sont abstenus ! Notre mémoire sera intacte et nous rappellerons des noms afin qu’ils résonnent dans les têtes de ceux qu’ils ont trahis !
La mise en place du Mécanisme européen de stabilité se fait sur la base d’une modification de l’article 136 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).
Cette modification est formulée ainsi : « A l’article 136, paragraphe 1, du TFUE, le point suivant est ajouté : Les Etats membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme de stabilité pouvant, si nécessaire, être activé dans le but de préserver la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’octroi de toute aide financière en vertu du mécanisme sera soumis à de strictes conditionnalités ».
Or, il existe deux procédures pour modifier les traités de l’Union européenne. La procédure de révision ordinaire et la procédure de révision simplifiée.
• Dans le cas de la procédure ordinaire « les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives » (Article 48 du TUE).
• Il existe également une procédure simplifiée mais pour qu’elle s’applique, la modification du traité « ne peut pas accroître les compétences attribuées à l’Union dans les traités ».
Les dirigeants européens ont choisi de mettre en oeuvre le Mécanisme européen de stabilité grâce à la "procédure simplifiée ", évitant ainsi une procédure longue et complexe de négociation et ratifications mais s’évitant surtout des référendums populaires.
Il s’agit d’un véritable coup de force démocratique car le MES est bel et bien un nouveau transfère de compétence à l’Union européenne. Les dirigeants européens ont choisi d’utiliser la procédure simplifiée car selon eux le MES n’est pas une institution de l’Union.
Mais même si le MES est dans les textes une organisation internationale, la Commission européenne et la Cour de justice de l’Union européenne interviennent directement dans le MES. De plus, c’est la Commission européenne qui imposera aux Etats les décisions du MES.
Contrairement à ce qu’affirme les dirigeants européens, le MES est bien un nouveau transfert de compétence vers l’Union européenne.
Le Front de Gauche s’oppose donc au MES sur le fond même du projet mais refuse également de voir une nouvelle fois les dirigeants européennes passer en force et porter un nouveau coup au principe de souveraineté populaire, principe fondateur de notre République.
Mardi dernier, les députés du Front de Gauche ont donc voté contre le MES. Les trois députés d’Europe-Ecologie également. Malgré les consignes de vote, 16 socialistes ont voté contre le MES. Malheureusement, la majorité des députés socialistes ont choisi de s’abstenir.
Leur attitude divise la gauche ! Il est urgent que la gauche s’unisse pour faire barrage au dangereux projet du MES. La liste des votants est disponible ici (http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0861.asp)
Le 28 février, ce sera au tour du Sénat de délibérer sur le sujet.
 
Cette Assemblée qui a basculé à gauche à l'automne, a le pouvoir de repousser ce texte et faire échouer cette mécanique infernale en repoussant la décision à l'après-élection.
Nous avons quelques jours encore pour discuter, faire savoir ce qui est en train de se jouer au Parlement et convaincre à gauche pour battre la droite et renvoyer Sarko Merkel à leurs chers traités.
Le 28 février la gauche doit dire NON au MES.
Le 29 février, les travailleurs et leurs syndicats doivent être nombreux dans la rue et dans la grève !
Et le 22 avril, dire NON au traité Merkozy et à l'austérité, ce sera voter pour le candidat du front « populaire » de Gauche, le camarade Jean Luc Mélenchon !
Nein austérité ! Nein MES ! Nein Régle d’or ! Parole au Peuple !
 
Par Maurice Distinguin - Publié dans : Actualité Politique
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Culture

 

     

Une lettre à Jean Ferrat pour la présidentielle

 

L'appel de Philippe  Torreton

 

Le comédien s'adresse à la mémoire de Jean Ferrat. Depuis dimanche, le  texte circule activement sur internet. En réalité, l'acteur a publié cette  lettre sur son blog en février, mais

depuis l'annonce des résultats du 1er tour  de la présidentielle, elle semble rencontrer un écho  particulier.

 

"Jean,

 

J'aimerais te laisser tranquille, au repos  dans cette terre choisie.

 

J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant  qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à  Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le  pèlerinage. Le repos c'est sacré !

 

Pardon te t'emmerder, mais l'heure est  grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans  les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées , je ne sais pas si tu vois  tout, de là-haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux  argentiers proches du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est  grave!

 

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si  bien chantée, écoute-la craquer, écoute-la gémir, cette France qui travaille dur  et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des  puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui  s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management,  celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux  psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que  ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à  coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu  as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces  étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le  meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses  papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui  l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a  mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de  bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le  ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête  l'essentiel...

 

Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en  voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté  flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui  ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le  chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France.

Écris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire  devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tous ceux qui le soutiennent !

 

Jean, l'huma ne se vend plus aux bouches des  métro, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant,  pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus  la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans  les blogs... Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces  journalistes fantoches qui se font mandater par l'Élysée pour avoir l'honneur de  poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes  sévères et grivoises avec vendu...

 

Jean, l'argent est sale, toujours, tu  le sais, il est taché entre autres du sang de ces ingénieurs français. La  justice avance péniblement grâce au courage de quelques-uns, et l'on ose donner  des leçons de civilisation au monde...

 

Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à  un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La  Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des  renvois populistes de cette droite "décomplexée".

 

Jean, les montagnes  saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente  carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones, mais aux antibiotiques  et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas  de ne pas savoir faire de la politique.

Le paysan est mort et ce n’est pas les  numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le  contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans  les cirques.

 

Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire.

On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer  son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de  pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies  les jacqueries!

 

Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer  chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle  voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable,  vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite,  carencé quand il tombe malade...

Ici on massacre l'Ecole laïque, on lui préfère  le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on  traque la délinquance dès la petite enfance, mais on se moque du savoir et de la  culture partagés...

 

Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais  mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage  et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime  intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand  elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent  la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand  elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54  par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été.

Je l'aime quand elle devient  universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses  valeurs dans le sacrifice de ses morts...

 

Jean, je voudrais tellement  t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...

 

Je t'embrasse. 

Philippe Torreton

Hommage Deux ans déjà !

Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson dans les Hauts-de-Seine, Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, a 11 ans lorsque son père, juif émigré de Russie, est déporté. L'enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu'il n'oubliera jamais. A la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille, et devient aide-chimiste jusqu'en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens. 

Après avoir écrit la musique des Yeux d'Elsa (1956) pour André Claveau, il chante régulièrement à La Colombe, puis fait sa première grande scène à l'Alhambra en 1961 où il triomphe avec Ma môme, et Deux enfants au soleil. Rapidement, Jean Ferrat choisit d'interpréter des textes plus engagés, comme Nuit et Brouillard (1

 

 

963), non diffusée par les radios, puis Potemkine (1965), interdite d'antenne.

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