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" Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, ce n'est pas de subir la Loi du mensonge triomphant qui passe. "
Jean Jaurès
              
Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 08:31

 

moton166-6ebba.jpg La finance dérégulée

s’est organisée pour échapper

autant que possible à l’impôt

 

www.groupe-crc.org/La-finance-deregulee-s-est.html

 

Introduction à une conférence de presse (Par Eric Bocquet, Sénateur communiste du Nord / 17 janvier 2012)

 

Nous avons jugé opportun et particulièrement pertinent de demander la création de cette commission d’enquête relative à l’évasion des capitaux et actifs hors de France et à son incidence sur la fiscalité.

Le monde, l’Europe, la France traversent une crise financière sérieuse qui impacte lourdement nos budgets, les plans d’austérité se succèdent, n’apportent aucune amélioration des comptes, il nous faut, nous dit-on en haut lieu, trouver des recettes nouvelles, dégager des économies dans notre fonctionnement.

On fait toujours payer les mêmes, salariés, retraités, revenus modestes après avoir octroyé à coups d’exonérations, de bouclier fiscal et autres suppressions de l’ISF, des cadeaux aux plus fortunés du pays...

Cadeaux qui semblent ne pas suffire puisque le constat est fait, régulièrement, d’une importante évasion fiscale en France, estimée en 2007 entre 29 et 40 milliards d’euros et au sein de l’Union Européenne à 200 milliards soit 2% du PIB.

On sait que les penseurs et économistes libéraux ont toujours considéré l’impôt, la fiscalité comme une charge insupportable qui nuit à l’attractivité et à la compétitivité de la France.

Nous disons, quant à nous, que la fiscalité peut et doit être l’un des outils de la justice sociale, les impôts financent les dépenses utiles d’éducation, de santé, ce sont aussi des recettes qui vont à l’économie réelle.

Ainsi donc la finance dérégulée s’est-elle organisée pour échapper autant que possible à l’impôt.

Ceci engendre un contexte de concurrence fiscale effrénée.

Face à cela, la puissance publique en France a diminué les moyens de contrôles des services fiscaux, RGPP oblige... entre 2001 et 2007 le ratio nombre d’entreprises par agent des impôts a augmenté de 13,4%.

Ajoutons à cela le nombre des paradis fiscaux qui abriteraient 8% de la richesse financière mondiale (selon une étude réalisée par le syndicat unifié des impôts).

Il y avait en 1930 7 paradis fiscaux, 17 en 1950, 44 en 1980, 62 en 2000, entre 85 et 100 aujourd’hui

1 seul exemple proche de nous : Guernesey déteindrait 293 milliards de dollars d’actifs, du fait de fraude ou d’évasion.

Les latins ne disaient-ils pas « Pecunia non olet », l’argent n’a pas d’odeur.

− liste « noire » : vide

− liste « grise » : 42 territoires

Tout ceci dans un contexte de richesse croissant pour les plus riches, entre 1988 et 2006

− 0,01% des plus riches ( environ 3500 foyers fiscaux) ont vu leur revenu réel croître de 42,6%

− les 90% les moins riches ont connu une hausse de 4,6%

Notons également que de nombreuses entreprises françaises possèdent des entités dans de nombreux paradis fiscaux :

BNP 189 entités, crédit agricole 115, banque populaire 90, société générale 57, banque postale 1

Selon la Banque de France, les sommes totalisées par ces banques seraient de 532 milliards de dollars.

La dégradation du triple A de la France a donné lieu à de multiples réactions dont celle de Jean-Luc Mélenchon qui disait que « les marchés financiers (avaient) déclaré la guerre à la France. » Propos que certains commentateurs ont jugé excessif, je me permettrai de citer un autre politique qui déclarait il y a quelques temps :

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que les banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis » (Thomas Jefferson, lettre au secrétaire au Trésor, le genevois Albert Gallatin (1802)

Par Maurice Distinguin - Publié dans : Actualité Politique
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Culture

 

     

Une lettre à Jean Ferrat pour la présidentielle

 

L'appel de Philippe  Torreton

 

Le comédien s'adresse à la mémoire de Jean Ferrat. Depuis dimanche, le  texte circule activement sur internet. En réalité, l'acteur a publié cette  lettre sur son blog en février, mais

depuis l'annonce des résultats du 1er tour  de la présidentielle, elle semble rencontrer un écho  particulier.

 

"Jean,

 

J'aimerais te laisser tranquille, au repos  dans cette terre choisie.

 

J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant  qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à  Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le  pèlerinage. Le repos c'est sacré !

 

Pardon te t'emmerder, mais l'heure est  grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans  les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées , je ne sais pas si tu vois  tout, de là-haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux  argentiers proches du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est  grave!

 

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si  bien chantée, écoute-la craquer, écoute-la gémir, cette France qui travaille dur  et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des  puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui  s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management,  celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux  psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que  ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à  coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu  as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces  étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le  meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses  papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui  l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a  mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de  bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le  ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête  l'essentiel...

 

Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en  voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté  flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui  ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le  chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France.

Écris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire  devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tous ceux qui le soutiennent !

 

Jean, l'huma ne se vend plus aux bouches des  métro, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant,  pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus  la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans  les blogs... Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces  journalistes fantoches qui se font mandater par l'Élysée pour avoir l'honneur de  poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes  sévères et grivoises avec vendu...

 

Jean, l'argent est sale, toujours, tu  le sais, il est taché entre autres du sang de ces ingénieurs français. La  justice avance péniblement grâce au courage de quelques-uns, et l'on ose donner  des leçons de civilisation au monde...

 

Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à  un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La  Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des  renvois populistes de cette droite "décomplexée".

 

Jean, les montagnes  saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente  carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones, mais aux antibiotiques  et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas  de ne pas savoir faire de la politique.

Le paysan est mort et ce n’est pas les  numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le  contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans  les cirques.

 

Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire.

On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer  son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de  pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies  les jacqueries!

 

Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer  chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle  voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable,  vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite,  carencé quand il tombe malade...

Ici on massacre l'Ecole laïque, on lui préfère  le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on  traque la délinquance dès la petite enfance, mais on se moque du savoir et de la  culture partagés...

 

Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais  mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage  et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime  intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand  elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent  la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand  elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54  par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été.

Je l'aime quand elle devient  universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses  valeurs dans le sacrifice de ses morts...

 

Jean, je voudrais tellement  t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...

 

Je t'embrasse. 

Philippe Torreton

Hommage Deux ans déjà !

Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson dans les Hauts-de-Seine, Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, a 11 ans lorsque son père, juif émigré de Russie, est déporté. L'enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu'il n'oubliera jamais. A la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille, et devient aide-chimiste jusqu'en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens. 

Après avoir écrit la musique des Yeux d'Elsa (1956) pour André Claveau, il chante régulièrement à La Colombe, puis fait sa première grande scène à l'Alhambra en 1961 où il triomphe avec Ma môme, et Deux enfants au soleil. Rapidement, Jean Ferrat choisit d'interpréter des textes plus engagés, comme Nuit et Brouillard (1

 

 

963), non diffusée par les radios, puis Potemkine (1965), interdite d'antenne.

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