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Intervention Conseil Municipal du 15 Septembre 2008
Monsieur le Maire, Chers collègues, mesdames, mesdemoiselles et messieurs,
A l’ouverture de la 6ème séance du Conseil Municipal d’Auchel depuis la nouvelle mandature, nous regrettons que les commissions municipales ne se soient pas réunies sauf à constater que les élus de l’opposition (toutes composantes confondues) ont été évincés.
A quoi sert un règlement intérieur s’il n’est pas appliqué ? C’est le statut de l’élu qui n’est pas respecté dans ce fonctionnement, avec comme toile de fond un mépris de la démocratie.
Vous préférez monsieur le Maire, faire cavalier seul en omettant de tenir compte de l’expression des 47% des auchellois qui ont placé leur espoir dans une gestion des affaires communales plus progressiste et plus humaine.
Cette façon de procéder vous expose à des dérives de « tout puissant » assimilables à des systèmes qui sont tombés par le passé.
Je voudrais revenir un instant sur l’affaire de l’Hôpital d’Auchel pour lequel nous avons pu lire dans la presse locale que vous ne donniez pas suite à la délibération du 30 Juin dernier. Je vous remercie donc d’avoir fait preuve de raison sur ce dossier afin que les auchellois puissent bénéficier de ce service de proximité à vocation médicale. J’en profite également pour remercier les représentants de la presse locale sans lesquels nous n’aurions pas su ce que vous envisagiez de donner comme issue à ce projet.
Ce procédé interroge votre logique quant au suivi des délibérations que le conseil municipal prend, celles passées et celles à venir puisque vous avez déclaré dans la presse qu’une délibération n’était qu’une délibération et que si vous décidiez de ne pas donner suite, vous en aviez la faculté. Permettez-moi alors de vous rappeler qu’une délibération est exécutoire le jour suivant sa publication et je m’étonne alors de ne pas avoir eu le plaisir de découvrir dans l’ordre du jour de ce soir un projet de délibération annulant ou modifiant celle du 30 juin.
Les récents sujets d’actualité nous amènent à nous questionner sérieusement sur l’avenir social et économique de notre commune.
Premièrement, le devenir du site FAURECIA à Auchel :
Permettez-moi dans les circonstances présentes d’emprunter la célèbre réplique de Géronte, dans les Fourberies de SCAPIN : « Que diable alliez vous faire dans cette galère ?» En effet, depuis le mois de juin vos attitudes de « monsieur le sauveur » ont généré plus de désagréments que de réelles solutions à pérenniser l’exploitation sur le site d’Auchel et plus précisément la communication publique du courrier de la Préfecture fin Août. Ce dernier anticipait le déroulement ordinaire du Comité Central d’Entreprise de ce Vendredi 12 septembre. Vous avez exposé les salariés dans la tourmente dès leur retour de vacances ce qui aurait pu provoquer un mouvement social contraire aux intérêts des salariés du site d’Auchel. En effet, la situation actuelle d’Auchel est de gagner des contrats plutôt que d’en perdre puisque la conjoncture mondiale laisse aux actionnaires le droit de sacrifier des emplois au profit de la rentabilité de leurs dividendes. C’est d’ailleurs dans ce sens que j’ai adressé à Monsieur SARKOZY, en tant qu’élu municipal, un courrier la semaine dernière, courrier que je vous ai transmis en copie par courtoisie et dont vous en avez utilisé les termes et les arguments pour conduire votre réunion de vendredi dernier. Serait-ce que intelligemment nous tombions d’accord pour l’avenir économique de notre secteur, de notre commune ?
Cette couverture médiatique précipitée a provoqué un catastrophisme auprès de tous les habitants d’Auchel. L’impression de revivre les terribles moments liés à la fermeture d’autres unités de productions telle qu’AUCHELAINE. Je voudrais ce soir saluer le sens de la responsabilité dont font preuve les salariés et les représentants syndicaux pour mener au mieux les conditions d’un dialogue social digne et courageux. Par ailleurs, je vous invite, monsieur le maire, à créer les meilleures conditions de la négociation en faveur des salariés et pour l’emploi sur Auchel. Je vous invite à faire ce pourquoi vous êtes élu à savoir mener le combat politique pour que notre Président de la République impulse une véritable réforme parlementaire pour empêcher les spéculateurs de s’enrichir sur la mise au chômage des salariés. Les Auchellois connaissent les conséquences économiques pour leur famille et sur les finances locales, il donc urgent d’agir auprès du pourvoir législatif afin d’enrayer la fuite des marchés vers les pays à faible coût de main d’oeuvre.
Deuxièmement, la question de la fiscalité :
Pour faire la transition avec le point précédent, le contexte incertain de l’activité économique sur le territoire de la commune provoque des craintes certaines pour la garantie des ressources pérennes des finances communales. A cela s’ajoute, la pression fiscale que vous faites supporter à la fraction des auchellois assujettis, et au risque de me répéter, les taxes directes payées par les contribuables d’Auchel sont trop élevées. Le risque pour notre ville est que ces contribuables asphyxiés économiquement soient tentés de quitter la commune d’Auchel. C’est tout le sens de notre proposition de diminuer les taux communaux lors de la séance du 14 Avril dernier. Par ailleurs, vous déclarez lors de l’assemblé générale de l’association Auchel Génération Nouvelle, je cite : « Ce qui m’importe avant tout c’est le bien être des Auchellois » et d’ajouter votre affirmation selon laquelle vous ne voulez plus sur ce mandat augmenter les impôts…
J’ai failli vous croire jusqu’à ce que je découvre dans le dossier du conseil de ce soir la délibération – Réduction de l’abattement général à la base ! Cette délibération n’est ni plus ni moins une délibération qui va progressivement augmenter la Taxe d’Habitation des Auchellois sur une période de trois ans. Taxe que par ailleurs vous n’acquittez pas au budget d’Auchel puisqu’habitant la commune d’Allouagne. Dans ce contexte particulièrement difficile pour les familles d’Auchel, du fait que leur pouvoir d’achat n’a jamais connu un tel recul, vous allez aggraver la situation économique des ménages par une ponction supplémentaire. J’invite donc toutes les Auchelloises et tous les Auchellois à faire le calcul du montant de l’augmentation que représentera l’application de cette décision si bien sûr le conseil la votait ce soir et de rapprocher le résultat à vos déclarations. Ils jugeront sur pièce !
Troisièmement, le régime municipal appliqué aux associations auchelloises :
Plusieurs associations expriment leur désintérêt à organiser des festivités en salle eu égard aux locations qui obèrent une part importante des bénéfices attendus. Actions et bénéfices qui alimentent une importante activité autour du lien et de la cohésion sociale pour les Auchellois. Je souhaite donc disposer d’une étude sur l’efficience de maintenir ces locations de salles aux associations Auchelloises au regard des conséquences sociales qu’elles vont engendrer. Par ailleurs, je me suis récemment laissé dire que le Boxing club d’Auchel venait de recevoir de votre part un courrier invitant les responsables du club à quitter les locaux. Ce club qui a su intéresser des jeunes à la pratique de ce sport jusqu’ à construire un champion de France, lequel s’apprête à concourir au championnat du monde. Ceci est un atout pour la promotion de notre commune et la fierté de ses habitants. Au delà des titres d’excellence, c’est une activité sociale et pédagogique qui participe à encadrer notre jeunesse à travers une discipline qui structure par ses règles, des comportements sociaux responsables. Tout le monde reconnaît les biens faits de cette discipline. Toujours sur le principe d’équité des moyens apportés par la commune aux associations, je suis surpris de lire ou de voir que l’association Auchel Génération Nouvelle puisse tenir des permanences dans la maison du peuple, participe aux commissions municipales et tenir un stand à la foire commerciale ce week-end pour assurer votre promotion. De quelle logique nourrissez-vous cette manière de respecter le monde associatif Auchellois et la pluralité d’expression locale ?
Enfin, et pour terminer mon propos introductif, je voudrais évoquer la situation de La Poste que la Direction Nationale et le Gouvernement s’apprêtent à privatiser. On connaît ce que cela veut dire pour les services à la population. Aussi, j’invite le conseil à se positionner sur le sujet en votant la motion qui vous est proposée ce soir.
Merci de votre attention…
Pour le Groupe LEA,
Maurice DISTINGUIN.
S'informer, comprendre et voter pour ceux qui auront à coeur de construire une société plus humaine !
Une lettre à Jean Ferrat pour la présidentielle
L'appel de Philippe Torreton
Le comédien s'adresse à la mémoire de Jean Ferrat. Depuis dimanche, le texte circule activement sur internet. En réalité, l'acteur a publié cette lettre sur son blog en février, mais
depuis l'annonce des résultats du 1er tour de la présidentielle, elle semble rencontrer un écho particulier.
"Jean,
J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie.
J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré !
Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées , je ne sais pas si tu vois tout, de là-haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proches du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave!
Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute-la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l'essentiel...
Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France.
Écris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tous ceux qui le soutiennent !
Jean, l'huma ne se vend plus aux bouches des métro, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs... Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l'Élysée pour avoir l'honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu...
Jean, l'argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autres du sang de ces ingénieurs français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques-uns, et l'on ose donner des leçons de civilisation au monde...
Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".
Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones, mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique.
Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques.
Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire.
On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies les jacqueries!
Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade...
Ici on massacre l'Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance, mais on se moque du savoir et de la culture partagés...
Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54 par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été.
Je l'aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts...
Jean, je voudrais tellement t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...
Je t'embrasse.
Philippe Torreton
Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson dans les Hauts-de-Seine, Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, a 11 ans lorsque son père, juif émigré de Russie, est déporté. L'enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu'il n'oubliera jamais. A la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille, et devient aide-chimiste jusqu'en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens.
Après avoir écrit la musique des Yeux d'Elsa (1956) pour André Claveau, il chante régulièrement à La Colombe, puis fait sa première grande scène à l'Alhambra en 1961 où il triomphe avec Ma môme, et Deux enfants au soleil. Rapidement, Jean Ferrat choisit d'interpréter des textes plus engagés, comme Nuit et Brouillard (1
963), non diffusée par les radios, puis Potemkine (1965), interdite d'antenne.