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" Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, ce n'est pas de subir la Loi du mensonge triomphant qui passe. "
Jean Jaurès
              

Auchel : « l'affaire » de la mairie

Auchel : « l'affaire » de la mairie en toile de fond du conseil municipal, hier soir

vendredi 07.05.2010, 05:03  - La Voix du Nord

 Certes, hier soir, R. Jarrett n'a pas directement évoqué «l'affaire », mais il a conseillé la lecture de «La France des mouchards»... Certes, hier soir, R. Jarrett n'a pas directement évoqué «l'affaire », mais il a conseillé la lecture de «La France des mouchards»...

|  ON EN PARLE |

« C'est pas dit (qu'on en parle). moi, j'ai autre chose à faire !

 

Je fais un conseil municipal entre deux consultations pour passer une délibération sur la maternité, ça intéresse autrement plus les Auchellois que les excuses ou les accusations sur une affaire qui n'existe pas !

 » Voilà la promesse faite hier matin, par Richard Jarrett, le maire d'Auchel, quelques heures avant le conseil municipal.

Et hier soir, effectivement, l'élu a (presque) tenu sa parole. L'ordre du jour a été balayé en un temps record, 15 minutes, et ce n'est qu'après avoir levé la séance que le maire s'est autorisé une petite sortie sur « l'affaire » qui agite la vie auchelloise depuis une semaine. « Je vous recommande la lecture d'un livre : "La France des mouchards : enquête sur la délation". » Un conseil de lecture qui n'avait rien d'anodin dans le contexte de ces jours derniers.

Depuis une semaine en effet, une brise médiatique pique les joues de Richard Jarrett. À l'origine de « l'affaire » dont tout le monde parle, un article d'un l'hebdomadaire local. Paru jeudi 29 avril, il révélait qu'une « enquête », visant la mairie d'Auchel aurait été ouverte « par le Parquet de Béthune pour trafic d'influence et détournement de biens publics ». Hier encore, le même journal récidivait en publiant des photos du lieu supposé du délit : un étang de la Somme, propriété du maire, par ailleurs président d'une association de pêche et de chasse. Parmi ses membres, certains employés communaux d'Auchel.

C'est l'élément qui laisserait penser que du matériel municipal ait pu être transporté sur la propriété privée du maire. Le premier magistrat nie tout. Les faits d'abord. « J'ai les preuves qu'aucun employé communal n'est allé travailler là-bas sur son temps de travail et j'ai toutes les factures de ce qui a été apporté là-bas. » L'affaire ensuite. « Il n'y a aucune enquête. »

Droit de réponse

Une information confirmée par l'avocat de Richard Jarrett, Frédéric Brazier : « J'ai appelé le Parquet de Béthune, ils n'étaient même pas au courant ! » Injoignable hier, nous n'avons pu avoir la confirmation du procureur.

Mais, selon nos informations, la Chambre régionale des comptes n'est pas à l'origine d'un quelconque signalement au Parquet. L'instance, qui effectue actuellement un contrôle de routine sur Auchel, n'a relevé aucun manquement pouvant induire une enquête.

Pour l'heure, Richard Jarrett, qui a fait distribuer un communiqué à tous ses concitoyens, ne souhaite pas porter plainte en diffamation contre l'hebdomadaire qui l'accuse. Il a toutefois fait valoir son droit de réponse. « Il n'a pas été publié aujourd'hui (jeudi, NDLR), confiait hier Me Brazier, j'espère fortement qu'il le sera la semaine prochaine, sinon je vais être obligé de déposer un référé.

 » •

CÉLINE BARDY

Maurice DISTINGUIN

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Culture

 

     

Une lettre à Jean Ferrat pour la présidentielle

 

L'appel de Philippe  Torreton

 

Le comédien s'adresse à la mémoire de Jean Ferrat. Depuis dimanche, le  texte circule activement sur internet. En réalité, l'acteur a publié cette  lettre sur son blog en février, mais

depuis l'annonce des résultats du 1er tour  de la présidentielle, elle semble rencontrer un écho  particulier.

 

"Jean,

 

J'aimerais te laisser tranquille, au repos  dans cette terre choisie.

 

J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant  qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à  Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le  pèlerinage. Le repos c'est sacré !

 

Pardon te t'emmerder, mais l'heure est  grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans  les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées , je ne sais pas si tu vois  tout, de là-haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux  argentiers proches du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est  grave!

 

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si  bien chantée, écoute-la craquer, écoute-la gémir, cette France qui travaille dur  et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des  puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui  s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management,  celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux  psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que  ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à  coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu  as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces  étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le  meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses  papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui  l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a  mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de  bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le  ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête  l'essentiel...

 

Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en  voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté  flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui  ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le  chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France.

Écris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire  devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tous ceux qui le soutiennent !

 

Jean, l'huma ne se vend plus aux bouches des  métro, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant,  pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus  la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans  les blogs... Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces  journalistes fantoches qui se font mandater par l'Élysée pour avoir l'honneur de  poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes  sévères et grivoises avec vendu...

 

Jean, l'argent est sale, toujours, tu  le sais, il est taché entre autres du sang de ces ingénieurs français. La  justice avance péniblement grâce au courage de quelques-uns, et l'on ose donner  des leçons de civilisation au monde...

 

Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à  un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La  Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des  renvois populistes de cette droite "décomplexée".

 

Jean, les montagnes  saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente  carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones, mais aux antibiotiques  et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas  de ne pas savoir faire de la politique.

Le paysan est mort et ce n’est pas les  numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le  contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans  les cirques.

 

Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire.

On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer  son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de  pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies  les jacqueries!

 

Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer  chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle  voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable,  vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite,  carencé quand il tombe malade...

Ici on massacre l'Ecole laïque, on lui préfère  le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on  traque la délinquance dès la petite enfance, mais on se moque du savoir et de la  culture partagés...

 

Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais  mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage  et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime  intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand  elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent  la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand  elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54  par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été.

Je l'aime quand elle devient  universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses  valeurs dans le sacrifice de ses morts...

 

Jean, je voudrais tellement  t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...

 

Je t'embrasse. 

Philippe Torreton

Hommage Deux ans déjà !

Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson dans les Hauts-de-Seine, Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, a 11 ans lorsque son père, juif émigré de Russie, est déporté. L'enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu'il n'oubliera jamais. A la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille, et devient aide-chimiste jusqu'en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens. 

Après avoir écrit la musique des Yeux d'Elsa (1956) pour André Claveau, il chante régulièrement à La Colombe, puis fait sa première grande scène à l'Alhambra en 1961 où il triomphe avec Ma môme, et Deux enfants au soleil. Rapidement, Jean Ferrat choisit d'interpréter des textes plus engagés, comme Nuit et Brouillard (1

 

 

963), non diffusée par les radios, puis Potemkine (1965), interdite d'antenne.

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